Les larmes noires des océans

 

C’est le titre d’un documentaire diffusé par la chaîne ARTE début février 2021.

Un inventaire de la quantité des hydrocarbures prisonniers des épaves gisants au fond des océans et leur devenir avec la corrosion des réservoirs qui les contiennent.

La grosse majorité de ces épaves sont celles de bateaux qui ont été coulés pendant la deuxième guerre mondiale il y a plus de 70 ans, et on peut prévoir de plus en plus de fuites de ces produits toxiques dans les années à venir.

Evidemment l’Europe est particulièrement exposée à ces risques comme le montre ces cartes des épaves sur les côtes françaises et irlandaises :

 

 

Et la guerre ayant été mondiale, on retrouve des épaves un peu partout dans tous les océans :

Selon une spécialiste américaine qui travaille sur le sujet à Tempa en Floride, 6 338 épaves de plus de 400 tonneaux ont été recensées sur tout le globe, dans lesquelles dormiraient entre 2,5 millions et 25,5 millions de tonnes d’hydrocarbure.

Pour avoir une idée de ce que représenterait leur dilution dans l’océan, et le coût financier des dégâts, il suffit de se remémorer les conséquences de quelques marées noires dues à des tankers :

Torrey Canyon (1967) : 120 000 tonnes coût 6 millions d’Euros ;
Erika (1999) 37 000 tonnes coût 200 millions d’euros ;
Amoco Cadiz (1978) : 227 000 tonnes coût 218 millions d’euros (Etat français + communes touchées) ;
Exxon Valdez (1989) 39 000 tonnes coût 3,4 Milliards de $ !!!

L’accident de l’Exxon Valdez est celui qui a couté le plus cher (aux compagnies d’assurance entre autres), 800 km de côtes ont été polluées, et on estime à 300 000 le nombre d’oiseaux qui ont été décimés. Par contre, aucune estimation possible de l’impact sur la faune marine locale.

39 000 tonnes rejetées, comparées à 14 millions de tonnes gisant dans les épaves (chiffre médian des estimations), cela correspond à une épée de Damoclès d’environ 350 marées noires équivalentes à celle de l’Exxon Vadez  avec toutes les conséquences sur les riverains des zones impactées et espèces animales qui y vivent !

 

Rappelons au passage, une autre pollution aux hydrocarbures, celle liée aux plateformes pétrolière. L’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en 2010 a été à l’origine d’un rejet de 4,9 millions de barils de pétrole à la mer, ce qui équivaut à 670 000 tonnes !

 

Il faut donc, lorsque l’on fait une plongée sur une épave, et avec tout le plaisir que l’on y trouve, ne pas oublier que ce sont de véritables bombes à retardement pour toute la faune des fonds marins. Et pour le moment, malgré la sonnette d’alarme tirée par les scientifiques, il ne semble pas que les gouvernements aient pris conscience de l’importance des mesures à prendre.

 

 

Pour les vidéos : (cliquer sur les titres)

Présentation du documentaire                     3mn 16

version intégrale du documentaire  ARTE      52mn 11

 

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